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Site non-officiel dédié à "Cobra the Space Pirate"
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"Cobra the Space Pirate"


Résumé complet, commentaires, analyse générale

Résumé complet

(Attention : si vous n'avez pas vu ce film, ne lisez peut-être pas cette partie !)

Myrus est une planète artificielle qui a la particularité de ne pas être reliée à un système et qui "voyage" à travers l'espace. Malheureusement, il y a un siècle environ, elle est entrée dans une région hostile où la guerre régnait entre deux peuples. Frappée par des armes dévastatrices, toute vie disparue petit à petit de la surface de Myrus, la rendant inhospitalière pour une centaine d’années. Seules trois survivantes en rechapèrent, cryogénisées et envoyées dans la 7ème galaxie : Jane, Catherine et Dominique, les trois filles de la reine. A leur réveil, longtemps après, elles savent qu’il n’existe que deux solutions pour reprendre la succession de leur planète : soit les 3 sœurs tombent amoureuses du même homme pour pouvoir "fusionner" en une seule entité, soit il ne doit en rester qu'une seule…

Jane, devenue chasseur de prime, rencontre par hasard Cobra et tombe amoureuse de lui. Elle lui demande alors de l'aider à délivrer Catherine, prisonnière du terrible Crystal Boy. Cobra accepte, mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que Catherine est en fait amoureuse du terrible homme de verre et qu'elle désire devenir la seule reine de Myrus ! Cobra tombe malgré lui dans un piège et se retrouve cryogénisé tandis que Catherine tue elle-même sa sœur ! Avant de rendre son dernier souffle, Jane transmet toute sa force et son amour à Cobra qui retrouvera la vie (en quelque sorte) et parviendra à s'échapper.

Cobra retrouvera Dominique quelque temps plus tard, la troisième sœur faisant partie d’un groupe de femmes rebelles menées par la borgne Sandra, les Snow Gorillas. Dominique tombera à son tour amoureuse de Cobra, comme le souhaitait Jane. Mais Crystal Boy a repéré la base des rebelles : il extermine quasiment tout le monde et réussira à tuer Dominique. Ce dernier souhaite en effet que Catherine devienne reine afin qu'elle dirige sa planète (étant artificielle, elle peut en prendre le contrôle) en collision avec un autre système afin de provoquer des millions de victimes. Avec cette démonstration de force, non seulement il espère devenir le maître de l'univers, mais aussi pouvoir commander à une armée gigantesque de morts (lui même étant "mort"). Le final a lieu sur la planète Myrus même. Cobra ne peut empêcher Catherine, nouvellement reine, de prendre le contrôle de la planète et de la diriger droit vers une catastrophe certaine. Mais il parvient à vaincre son terrible adversaire de toujours et ce faisant, Catherine retrouve ses esprits. Celle-ci était en réalité sous l’emprise de Crystal Boy et n’était pas consciente de ses actes. Jugeant la situation actuelle, Catherine décide de se sacrifier en provoquant l’autodestruction de la planète, ne pouvant changer une 2nde fois la trajectoire...

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Analyse et Commentaires

Le film de Cobra (Space Adventure Cobra Gekijôban) est sorti dans les salles obscures nippones le 3 juillet 1982. Sur près de 100 minutes, on va suivre un Cobra plus spectateur que réel acteur d’une aventure qui le dépassera complètement par moment. Que les choses soient claires pour ceux qui n'ont pas encore vu ce long-métrage : le ton est résolument différent de celui de la série télé qui suivra quelques mois plus tard, plus fidèle au manga original, et c’est sans doute pour cela que le film n’est pas apprécié de tout le monde, à commencer par Terasawa lui-même, qui ne fut pas trop impliqué au niveau de sa réalisation.

Resituons un peu la période : l’idée d’adapter Cobra en animé se fera jour au cours de l’année 1981, probablement dans la seconde moitié de l’année. Le héros au psychogun avait déjà un bon nombre d’histoires au compteur (les dernières histoires ayant été publiées cette année là étant "Le Roi Dragon Noir", "Black Bullet" et "La course d’une autre dimension". La saga "Salamandar" s’était terminée l’année d’avant) . Fin 1981, des premiers articles voient le jour sur Cobra : des esquisses, quelques crayonnés, des commentaires et réflexions… Cela concernait l’épisode pilote, le film ou la future série télé. 2 adaptations vont alors avoir lieu en parallèle : l’épisode pilote et le film. Ces 2 adaptations seront diamétralement différentes : le pilote est plus proche du manga, tournant surtout autour de l’amnésie de Cobra, et on y retrouve certains personnages et lieux connus. Certaines scènes seront d’ailleurs reprises à l’identique quelques mois plus tard dans la série télé. Le film quand à lui va partir sur une tout autre ambiance. Se basant sur les personnages principaux de la saga de l’Arme Absolue (les 3 sœurs, Crystal Boy et Sandra), le scénario va prendre un virage onirique et sentimental aux antipodes de ce qu’est le manga original. On y retrouve Crystal Boy en ennemi principal, mais au lieu de poursuivre des tatouages et un trésor ultime, c’est le contrôle d’une planète artificielle qui devient l’enjeu de toute cette aventure. Une idée très certainement empruntée à la dernière histoire manga qui était alors en cours d’écriture : "La Porte Dorée" (黄金の扉 - Ogon no Tobira). Cette histoire ne sortira dans le Weekly Jump qu’en juin 1982, soit juste un mois avant le film, mais il est à peu près évident que cette idée de la planète artificielle menaçant tout un système a du être discutée entre Buichi Terasawa, Osamu Dezaki et Haruya Yamazaki (scénariste).

L’ensemble va tout de même subir beaucoup de transformations : certains personnages gardent un rôle assez semblable au manga, d’autres se voient complètement réécrits, à l’image de Catherine par exemple qui prend ici une toute autre dimension. Le film a clairement voulu donner un équilibre entre les 3 sœurs et y parvient très bien à mon avis. Crystal Boy pour sa part perd sa célèbre pince, mais la remplace par une de ses propres cotes pour en faire une arme mortelle ! L’idée n’est pas dénuée d’originalité... Cobra quand à lui fera apparaître son psychogun plus par "magie" qu’en enlevant une prothèse, et là pour le coup c’est plus discutable, même si cela rajoute un peu encore à toute l’ambiance mystique du film... D’autres changements sont notables ici et là, témoins de cette ambiance justement très différente de celle de la série animée à venir... A bien y regarder, pourtant, certains passages seront repris pratiquement à l'identique dans la série télé, comme par exemple la prison volante et Cobra qui court partout dans les couloirs à la recherche de Catherine, ainsi que sa grande chute dans un bassin d'eau. La scène avec les "Snow Gorilla" et l'attaque du convoi, bien que différente dans la série télé, est tout de même très proche au final sur le principe. On ne peut nier l’influence du film sur la série à suivre et la reprise de certains passages, même si le résultat est très différent...

Le scénario est en place, la réalisation peut commencer. Osamu Dezaki (avec son jeune assistant, Yoshio Takeuchi) va alors effectuer un travail extraordinaire et d’une excellente qualité, réunissant autour de lui certains habitués (Akio Sugino, Shichiro Kobayashi, …) et bénéficiant d’une équipe très conséquente. Le budget même est d’ailleurs très conséquent pour l’époque et rares sont les films qui auront eu une telle opportunité (je n'ai hélas pas de chiffres précis). Entre 250 et 300 personnes vont travailler sur le film et concernant l’animation proprement dite, ce n’est pas moins de 132 personnes (!) réparties sur 12 studios principaux (plus une 10aine de studios annexes) qui vont s’occuper de créer les dessins ! A noter dans ce staff certains noms prestigieux tels Kôji Morimoto, Shingo Araki et Michi Himeno, Shinji Otsuka, … En termes d’animation, le résultat est tout simplement somptueux, rivalisant sans problème avec d'autres productions "fortes" de l'époque.

La réalisation de Dezaki va donc clairement donner la part belle aux sentiments et aux phases dramatiques du scénario. Les différentes morts qui surviendront seront autant de moments dramatiques et mélancoliques, avec un Cobra impuissant malgré lui. Un style qui caractérisera tout de même Dezaki tout au long de sa carrière, où il excellera dans les séries dramatiques, lui qui venait justement d’en terminer avec "Ashita no Joe 2", qui restera à jamais l’un de ses chefs-d’œuvre.

Les fans habitués aux scènes d’action plus présentes et au côté western-fun du manga ou de la série animé seront peut-être un peu déçus par ce rythme volontairement plus lent (quoique…). L’ambiance musicale est également très différente entre le film et la série télé, les compositions originales d’Osamu Shôji faisant plus dans la bande son sérieuse que dans le côté un peu fun et débridé des musiques jazzy de Kentarô Haneda. Mais ce qui change peut être surtout, par rapport à l’œuvre originale ou à la série télé bien connue, c’est le rôle même de Cobra. Au final il n’aura rien pu sauver ni personne : aucune des 3 sœurs, ni Sandra, ni la planète Myrus… Dès le départ, il n’était pas maître de son destin : choisi sans le savoir par le professeur Topolo pour être l’élu de cœur des trois sœurs Flower, il ne sera quasiment qu’un pion sur l’échiquier du drame qui se joue. Cobra servira d’arme pour Jane et Dominique, tandis que Crystal Boy jouera le même rôle pour Catherine. Le destin de la planète Myrus est lié à celui de ces trois sœurs et Cobra ne pourra rien y changer. Au final, la réelle force mise en œuvre dans le film est celle de l’Amour, bien plus que la force ou tout autre chose. C’est cet amour qui fera revenir Cobra, après sa cryosuspenssion, auprès de Jane mourante, dans une scène d'une pure beauté. C’est cette même force que Dominique va tenter d’expliquer à Cobra, avant de mourir à son tour. C’est enfin sur un dernier amour perdu, celui de Catherine pour Cobra, que le film se terminera, dramatiquement bien entendu. L’Amour est au centre du film de Cobra, à travers les trois sœurs qui l’exprimeront chacune à leur façon, autant par des mots que par des actes. Des témoignages d’ailleurs visuellement exprimés par une certaine nudité présente (rien de vulgaire, bien au contraire), image même d’un amour pur.

Le film de Cobra ne présente pas de happy-end classique. Certes, Cobra sauve tout de même tout un système de la collision avec Myrus, mais c’est tellement en arrière plan que ce n’est pas vraiment une victoire en soit. Cobra, mi-acteur, mi-spectateur, a participé à une aventure où il s’en sort vivant, où il bat au final son ennemi de toujours, mais où la mélancolie et les souvenirs sans doute teintés de tristesse sont les seules choses qui lui restent. Une victoire au goût amère... Dezaki (avec Sugino et Yamazaki entre autres) n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il venait de conclure "Ashita no Joe 2" sur une situation tout aussi dramatique (hérité du manga, par contre – je n’en dirais pas plus pour ceux qui ne connaissent pas).

Ce film déplaira donc aux fans habitué à "l’autre" Cobra, mais déplaira aussi à Buichi Terasawa qui n’y retrouvera finalement pas l’ambiance qu’il a crée à la base, notamment le côté western pas assez présent à son goût. D'ailleurs, il semblerait (d'après interview) que Buichi Terasawa n'était même pas au courant au début qu'une adaptation en film allait avoir lieu... Bien que cité finalement au poste de scénariste, avec Haruya Yamazaki, je ne saurais par contre dire quelle fut la réelle contribution du mangaka au scénario final... Cependant, Dezaki sera tout de même confirmé sur la série télé, où là cette fois-ci on aura droit au Cobra jovial, insouciant et invincible que l’on reconnaitra plus, et sans doute aussi parce que Buichi Terasawa sera bien plus présent, ne serait-ce qu'à la relecture / correction des scripts, sur cette série télé.



Avis personnel

Pour ma part, pour être tout à fait honnête, la toute première fois que j’ai vu ce film, je ne l’ai pas aimé plus que ça. Sans doute, comme beaucoup, trop marqué par la série télé si magistrale... Puis j’ai eu l’occasion de lire quelques commentaires dessus et de le revoir par la suite, avec un regard complètement neuf. Et là, l’impression était vraiment différente, au point que je considère désormais ce film comme l’un des plus beaux de la première moitié des années 80. Il a son style et il est très ancré dans cette époque, mais il présente tout de même de très belles qualités, tant au niveau de la réalisation et de l'animation, qu'au niveau de l'histoire globale si on accepte de mettre entre parenthèse le manga original ou la série télé. Et c'est en effet un point primordial, selon moi, pour vraiment l’apprécier : accepter de le voir sous un angle bien différent de celui de la série télé. C’est un tout autre Cobra que l’on a là, pour un film complètement à part où l’Amour est au centre du sujet...

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