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Ecrit par Joe Gillian

Les Celluloïds

ou "comment ça marche un dessin animé"



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Au commencement, une feuille et des crayons…

Sans entrer dans tout le processus de création d’un dessin animé (qui fera l’objet d’un autre dossier très prochainement), on commence par faire les dessins qui vont servir à créer les cellulos proprement dits. Un layout (dessin fait rapidement aux traits grossiers) est d’abord réalisé à partir du storyboard, sur une feuille un peu particulière qui contient généralement 2 cadres, l’un à l’intérieur de l’autre, symbolisant en quelque sorte l’écran. Il s’agit du dessin qui va représenter la scène (le Cut) à venir, sorte de dessin-résumé, avec le personnage et le décor dans les bonnes proportions. Plusieurs layouts peuvent même être dessinés au besoin et certains layouts peuvent même concerner des décors seuls. Il s’agit donc d’une étape délicate et utile aussi bien pour les personnes chargés de la création des cellulos que de celles qui vont s’occuper des décors. On va ensuite passer au(x) dessin(s) définitif(s)…

Un layout de Cobra
Un layout de Cobra
Un layout d'Hakugei Densetsu
Un layout d'Hakugei Densetsu

Un animateur-clé va commencer par dessiner les pauses clés de la scène en question. Si la scène est un simple plan fixe, il y aura une pause-clé et c’est tout. Pour des scènes beaucoup plus animées, il peut y en avoir 2, 3 ou bien plus selon la qualité, la longueur ou la complexité. Dans tous les cas, pour un Cut avec mouvement, il y a toujours au moins 2 pauses clés : le 1er et le dernier dessin. Notre animateur-clé va alors dessiner ce que l’on appelle des gengas (原画). Ce ne sont pas encore les dessins qui serviront à créer les cellulos, mais cela correspond à l’étape précédente. Ces dessins sont déjà très beaux, mais les traits sont encore un peu épais, pas tout à fait propres et certaines zones sont grossièrement coloriées. A noter que ces gengas sont numérotés de 1 à n. Prenons un exemple qui resservira plus bas d’une scène qui devra contenir 10 dessins avec 3 pauses-clés : les 3 gengas seront numérotés A1, A2 et A3 (ou A3 END) avec le numéro entouré.

Ces dessins vont ensuite être refaits au propre, par le même animateur ou par un autre. On passe là à un autre type de dessins que l’on appelle les dôgas (動画). Ces premiers dôgas peuvent être appelés des dôga-clés en quelque sorte. Ce sont les pauses-clés au propre, pouvant être considérées comme les dessins les plus importants ou les plus beaux. Lors de ce passage, la numérotation change : si on reprend notre exemple précédent, nos 3 gengas A1/A2/A3 vont alors devenir 3 dôga-clés qui seront numérotés A1, A5 par exemple et A10 END. Leurs numéros restent aussi entourés.

Enfin on termine avec les intervallistes qui vont s’occuper de tous les dessins intermédiaires entre les pauses-clés (dans notre exemple, de A2 à A4 et de A6 à A9). Il s’agit d’une tâche quelque peu ingrate qui consiste à reprendre la pause-clé de départ et de "presque" le recopier, mais avec les petits décalages, au fur et à mesure des dôgas. Et ce jusqu’à la pause-clé suivante ou finale. A cette étape, on se sert d’une réglette, appelée "tap", avec 3 encoches qui permettent de maintenir les feuilles entre elles via les petits trous en haut de ces mêmes feuilles. Ainsi on évite les décalages intempestifs. Et c’est là que l’on peut juger une bonne animation : pour un temps donné, plus on a de dessins intermédiaires, faits proprement, meilleure en sera l’animation finale. A noter que ces dôgas ont leurs numéros qui là ne sont pas entourés. Donc si vous avez bien suivi, lorsque vous tombez sur un dessin propre, un dôga, qui a son numéro entouré, il s’agit donc d’un dôga-clé qui découle d’un genga réalisé par un animateur. Comme vous avez pu le constater également, tous les dessins sont donc numérotés : je redévelopperais cependant ce point un peu plus loin dans un chapitre à part.

Suite de dôgas de Cobra
Une suite de dôgas de Cobra

Un dernier point concernant les correctifs. En effet, tout dessin aussi beau soit-il, il doit respecter le chara-design spécifié par le character-designer de la série. Les gengas, mais aussi les dôgas sont donc supervisés et éventuellement retouchés par le directeur de l’animation. Dans le 1er cas (genga) les retouches sont faites sur des feuilles de couleurs, souvent jaune (un shûsei, en japonais). Il peut reprendre tout le dessin ou seulement un bout, selon ce qu’il y a à corriger. Un second genga est alors refait. Dans le second cas (dôga) les corrections sont directement faites sur les dessins (on gomme et on recommence). Cela représente souvent une quantité de travail phénoménale pour les directeurs d’animation.




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